Bien dans ma tête

C’est quoi le syndrome de l’imposteur ?

J’ai mis des mots sur mon malaise
J’ai compris un jour pourquoi j’avais préféré m’éloigner toute ma vie.
Je viens d’écouter un podcast sur le thème du « syndrome de l’imposteur ». J’ai eu une révélation

Cela résume tout de ma vie d’avant. Mes peurs, mes angoisses.

Incapable de supporter une évaluation, une compétition, un jugement, un examen. Incapable même d’adhérer à un groupe ou une bande d’amis. Incapable de garder des amis.

Incapable de me sentir acceptée.

Du coup j’ai voyagé entre plusieurs sentiments d’incompétences, jamais à ma place, comme si je volais la place ou comme si je n’avais aucune légitimité.

Le déni

J’ai pourtant travaillé chez différents psy ce problème de légitimité. 

Celle d’être désirée malgré le fait d’être née tard. 

Celle d’être de trop quand ma mère a été malade. 

J’ai passé ma vie à essayer de me prouver qu’elle m’aimait et je n’ai pas cru que je le méritais.

La fuite

J’ai passé beaucoup de temps à fuir et à faire en sorte que les gens me fuient. 

S’ils ne me fuyaient pas, je ne me m’investissait pas trop pour ne pas avoir à supporter une éventuelle déception .

Parce que je ne supporte pas de décevoir et je culpabilise jusqu’à me mettre en dette. 

La dette

Devoir quelque chose à quelqu’un. Communément, on pense argent quand on parle de dette.

Or, quand je me mets en dette envers quelqu’un, peu importe qui, je ressens que je lui dois la vie.

Pourquoi ?

Parce qu’adopter cette position me soumet.

La soumission

Être soumise à l’Autre. 

C’est bien plus facile que de prendre les décisions et en être responsable. C’est sans risque et sans contrôle. C’est sans bilan, sans conclusion.

Être soumise permet de laisser l’autre prendre les rennes. Laisser à l’autre la responsabilité.

La responsabilité

Être responsable de soi-même c’est déjà un challenge. Devenir responsable d’un autre, comme de son propre enfant, c’est le plus grand pas que j’ai fait sans anticipation.

J’ai eu 9 mois pour me sentir complètement attachée amoureusement à mon enfant. Mon coeur s’est ouvert.

À sa naissance, j’ai flippé. La plus grande peur de ma vie. La responsabilité de tenir en vie ce petit être humain, me revient.

J’ai plongé dans une peur sans fond, abyssale.

La peur

J’ai toujours eu peur de tout. J’ai sauté, plongé. J’ai aussi freiné, fait demi-tour. Je me suis retrouvée bloquée sur une rive pendant que les autres s’amusaient en face.

Il y a eu des situations dans ma vie ou je n’ai pas traversé.

J’ai regretté.

Le regret

Il m’est arrivé de ne plus pouvoir en dormir. Trop de regrets et trop de peur qui me plaquait au sol, immobile.

Je me suis sentie plus d’une fois comme une tétraplégique de la vie. J’avais besoin d’une main qui me guide parce que ma peur était trop forte.

J’entends encore les petites voix qui susurrent des phrases qui font trembler de peur.

Si je me concentre un peu, je peu encore ressentir le fond de mon corps trembler.

Le pouvoir de l’inconscient

Dans l’ordre, les psys, les amis, la famille, ont eu beau me dire qu’il n’y avait qu’une flaque à enjamber… moi, j’ai continué à voir un énorme ravin qui allait me happer et m’entraîner très profond, d’un endroit d’où je ne pourrais plus jamais revenir.

Au plus profond de la Terre, comme dans la Fosse des Mariannes.

Les abysses

Nous avons tous nos abysses plus ou moins éclairées, plus ou moins effrayantes.

Certains d’entre nous ne se doutent ou ne se préoccupent pas de ce trou. Il est vieux, il remonte à très longtemps, et il a même été rebouché avec le temps.

Certains, comme moi ont encore du monde qui y vit. Ce « monde », chez certaines personnes est un petit peuple de voix. Des voix qui pleurent ou qui sont en colère.

Un jour, je suis allée voir une « sorcière », une soigneuse, une dame qui parle aux petites voix.

Cette dame a entendu mes voix et m’a raconté distinctement ce qu’elles disaient vraiment.

L’écoute

Les gardiens de notre mental ont été embauché pour faire parfaitement leur boulot. En général cela fonctionne très bien, si ça pousse derrière, ils brouillent les pistes. Pour qu’ils laissent passer le son des voix, il faut être plus malins qu’eux.

La soigneuse a pris une toute petite voix. Elle s’est mise à pleurnicher. Elle disait que « Ma toute petite voix » ne voyait pas où elle était. 

J’ai reconnu ces mots, j’ai ressenti un grand soulagement. Enfin quelqu’un entendait cette petite voix si triste !

C’était elle qui n’avait pas rejoint mon conseil de femme. Elle était restée à la traîne. Elle n’avait pas voulu grandir avec les autres.

L’empathie

J’ai ressentie de l’empathie pour ma toute petite voix. Je me suis auto-comprise. Ce jour-là j’ai pleuré avec elle. Je l’ai tenue par la main car il n’y avait que moi qui pouvait le faire. Elle ne faisait confiance à personne d’autre.

Je me suis sentie grandie et complète.

C’était comme si je récupérais un nouvel appui.

Je me suis sentie équilibrée.

L’équilibre

Je pratique la méditation depuis 7 ans. Je ne suis pas régulière. Je m’en sers quand j’ai besoin de décanter. Je choisis un thème, une méditation guidée. Plus ça va, plus je médite longtemps. La première fois que j’ai médité en prononçant un mantra de nettoyage, c’était dans un ashram (lieu de prière, de calme, de méditation). Cela m’a paru tellement long que j’ai eu l’impression que j’allais imploser. Mes petites voix ont pété un câble. Toutes tapaient du pied, suppliaient d’arrêter la torture. Mes petites voix ont eu beau faire la révolution, je suis restée centrée sur ce mantra de nettoyage. Je n’étais pas seule. Il y avait des musiciens qui accompagnaient dans cet exercice.

Je transpirais, avec du recul, je peux imaginer tout le ramdam que mon petit conseil intérieur a mis.

Mais je n’ai pas bougé. Cela a duré 1h30.

Comparé à ce que je suis capable aujourd’hui de faire, ce n’était pas long.

Mais à cette époque-là, j’étais débutante et je n’en voyais plus la fin. 

À un moment, mon petit conseil de femmes, à l’intérieur, a du capituler. Ils se sont endormis, épuisés. Moi aussi.

Pour pouvoir en re-discuter avec elles, j’ai écrit.

L’écriture

C’est le canal parfait que j’utilise pour pouvoir les entendre. Mes gardiens laissent faire. 

Ils laissent mes mains retranscrire. 

J’écris et je lis, je découvre en direct ce qu’elles ont à dire. 

Je pleure devant tout ça. 

Quand le silence se fait, je pars faire une méditation pour apaiser l’ambiance intérieure.

La paix

Quand je ressens enfin la paix en moi, je me sens capable de prendre la décision de faire le pas au-dessus de la flaque qui barre mon chemin ou de me préparer à sauter plus haut. Je pourrais même traverser sur un fil. Je suis centrée.

L’équilibre

J’ai cru que les personnes équilibrées existaient. J’avais des copains de lycée qui avaient l’air de se poser beaucoup moins de questions que moi. Je les voyais courageux, ambitieux, sans peurs.

Je les prenais pour des gens normaux et à contrario, je me trouvais complètement perturbée.

La comparaison

On se compare, on se trouve différents. Mais on se compare et on se trouve moins bien, moins belle, moins intelligente, moins sexy, moins leader, moins courageuse, moins …

J’ai été dans cette boucle inutile.

J’ai complexée.

Je gagnais du temps pour ne pas agir, ne pas sauter, ne pas rejoindre les autres sur la rive d’en face.

Oui, je me sentais seule.

La solitude

J’ai préféré apprécier la solitude plutôt que de supporter d’entendre mes peurs.

En paix

Toutes mes petites voix se sont mises d’accord un jour et ont ratifié un traité de paix entre elles et avec moi. 

Elles s’expriment d’une seule voix.

Elles sont mon dragon. Je me sens forte.

Le dragon

Comment dompter le dragon qui est en nous quand il se réveille de mauvais poil ?

Ça m’intéresse que tu me racontes comment tu fais, toi.

Dans une autre histoire je te raconterai bientôt un des derniers réveils de mon dragon.

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